Notre première activité familiale, ça a été les bébés-nageurs. Pendant trois ans, tous les samedis matin, nous allions tous les quatre patauger avec bonheur dans l'eau quasi-brûlante du petit bassin. Tous les deux ont passé leur première séance accrochés à nous, et au fil des séances, la distance entre eux et nous s'est progressivement agrandie tandis qu'ils exploraient ce nouvel environnement. C'était des moments très fusionnels, faits de partage, de rires, et bien sûr d'attention indéfectible! (Ceci dit, les risques sont limités, outre le maître-nageur, il y a au moins autant d'adultes que d'enfants dans l'eau!) Au fil des années, ils ont fini par devenir les "grands" de ces séances, utilisés en exemple par les autres parents, et imités par les autres enfants.

Parce que c'est quand même un des grands intérêts des bébés-nageurs que de permettre à votre enfant de voir des petiots de son âge qui rigolent en courant sur un tapis instable avant de finir par tomber à l'eau la tête la première et de vite, vite, remonter dessus. De les voir dévaler les toboggans la tête la première, mettre la tête dans l'eau pour ramasser les anneaux, rigoler quand on leur verse un seau d'eau sur la tête, et réclamer à grand cris que le maître nageur les emmène faire un tour sous l'eau.
Et puis bien sûr, aux bébés-nageurs, l'eau est chaude (environ +5°C par rapport à la température habituelle), et c'est quand même plus facile de se détendre dans ces conditions. Chaque semaine, le maître nageur compose des parcours différents (sur ce coup là, je crois qu'on avait vraiment une perle) en combinant les tapis rigides, les tapis souples, les frites... et il sort des bateaux, des ballons, des seaux, des anneaux lestés, des animaux en plastique, des mini-planches... bref, de quoi jouer pendant toute la séance sans s'ennuyer une minute.
Bien sûr, il y a un endroit du bassin où les petiots n'ont pas pied. Et c'est quand même super intéressant parce que c'est le chemin le plus court pour aller au grand toboggan, celui qu'on peut faire, même bébé, dans les bras de papa et maman. Alors les petiots marchent sur la pointe des pieds. Et quand il manque quelques centimètres, ils se mettent à sauter pour continuer à avancer, avant de se mettre, naturellement, à la nage dite "du petit chien". Au début, ce n'est vraiment pas efficace, et vous êtes là, à portée de main de votre enfant qui est bien décidé à atteindre le bord du bassin tout seul, même si pour cela il doit se retrouver 5 fois la tête sous l'eau pour parcourir 50 centimètres. Mais à chaque fois qu'il sort la tête de l'eau, et inspire un grand coup, il a le sourire. Et quand enfin il s'accroche au bord, victorieux, vous aussi, vous en profitez pour respirer, et pourtant vous ne vous étiez même pas rendu compte que vous la reteniez, votre respiration.
L'été dernier, j'ai entendu des journalistes répéter des tas de fois qu'un enfant ne peut pas apprendre à nager avant 5 ans. Nager la brasse de manière coordonnée, sans doute. Mais aux bébés-nageurs, les tout-petits (moins de quatre ans) découvrent plusieurs choses très importantes:
1. Ils apprennent par l'expérience que l'eau, des fois, ça fait peur. Fatalement, une fois, et sûrement même plusieurs, votre enfant va se faire peur pendant une seconde ou deux et boire la tasse. Vous êtes là et tout va bien, mais lui ne l'oubliera pas de sitôt. Quand ils ont su parler, les petiots nous demandaient pour chaque mare, chaque trou d'eau aperçu en promenade ou depuis la voiture s'ils auraient pied...
2. Ils apprennent à flotter... ça s'appelle faire l'étoile de mer. Sur le dos, bras et jambes écartés, et c'est beaucoup plus stable que de faire la planche.
3. Ils apprennent à tomber à l'eau dans toutes les positions, sans prendre la précaution de se boucher le nez.
4. Ils apprennent à faire le petit chien pour se maintenir à la surface.
5. Ils apprennent à retenir leur respiration de plus en plus longtemps.
5. Ils apprennent (de leur propre chef, là encore) à avancer sous l'eau en faisant des battements de pied.
Alors c'est vrai qu'à vue de nez, les bébés-nageurs, ça n'a pas l'air de servir à grand chose, mais ne vous fiez pas aux apparences, c'est très formateur. Chez nous, je sais que ça a permis entre autres aux enfants de profiter au maximum des joies de la plage... et à moi également. C'est quand même vachement plus sympa d'aller se baigner dans l'océan avec un enfant qui ne hurle pas de peur devant une vague (au contraire!) et qui est partant pour aller nager avec vous dans plus de 30 centimètres de profondeur.

Une fois trop grands pour les bébés nageurs, les petiots ont continué la piscine, toujours en cours, même si nous y allons aussi parfois ensemble... histoire de les amener à se dépasser! Pitchoun #1 n'avait pas encore 6 ans qu'il savait déjà aller ramasser un objet à 2m50 de profondeur. Pitchoun #2 n'avait pas encore 5 ans qu'il était déjà capable de nager 25 mètres d'affilée (de manière peu académique, je vous l'accorde).
Et c'est vrai qu'ils ont profité à fond de notre voyage en Mer Rouge même s'ils n'avaient encore que 5 ans et 6 ans et demi. Ils ont fait au moins deux randonnées d'une heure chaque jour (la combinaison aide la flottabilité, certes!), le nez dans l'eau avec masque et tuba pour bien profiter du spectacle, et ceci peu importe le courant, les vagues, la profondeur... Comble du luxe, ils s'autorisaient même à plonger pour voir de plus près ce qui les intéressait

Alors si vous aimez l'eau, si vous avez un voisin qui a une piscine, si vous passez du temps à la plage chaque été... et encore plus si vous aimez la plongée, inscrivez-votre enfant à la piscine!